20 avr. 2012

Le vent ne veut pas mourir


Le vent ne veut pas mourir,
il empli le squat d'un sifflement incessant et d'un froid glacial.
Ce vent qui fait vibrer les fenêtres et claquer les portes, contre lequel nous devons résister jusqu'à l'épuisement ; jusqu'à l'abandon.
Ajouter une paire de chaussettes, garder les gants ; les doigts gelés nous font comprendre que c'est inutile.
Ce vent n'a rien de spectaculaire, pas de grandes bourrasques, pas de tourbillonnement. Il est là, infatigable, il souffle calmement, imperturbablement.
Le vent ne veut pas mourir.

le rêve est un possible


Pour s'élever, pour se redresser, le rêve est un possible, un peut-être ; une part de réalité.
J'observe, mon coeur en berne, le monde proche et l'autre, le lointain, derrière un écran froid.

la vie n'est que l'éternel examen d'une immense banalité

Combien de silences faudra t-il pour libérer la parole ?

Peut-on encore reculer ?
Ne plus pouvoir avancer, être acculé ?
Un silence m'enserre,
Un silence suspend mes mots,
Un silence m'indiffère,
Un autre est inquiétant.
Combien de silences faudra t-il pour libérer la parole ?

lambeaux

il me reste peu
un peut-être
un goût de peu
un allant
un bout de rien
un ailleurs 

silence

Dans la succession des moments des instants des sentiments des évènements des bouleversements nous marchons tous vers la mort. Et celle là que tu traites de vermine le sait bien. C'est pourquoi elle fera de ton poison son remède et du silence son cocon.

24 mars 2012

j'attends le bouquet final...

Tragiquement, c'est vrai que moi non plus ça ne fait plus peur. 
Non pas que je sois inconsciente, ou fataliste ou encore irresponsable; 
mais le cahot se généralise; partout, 
pas une partie du monde n'est épargnée, 
c'est chaque jour, à chaque niveau; tout est devenu agression... 
j'attends le bouquet final...

Crise d'effroi

Nulle part où aller ;
Nul temps à gagner ;
Nul pas à compter ;

barbarie

au jour le jour le monde
est invivable
pour des millions d'hommes
et leur lente agonie
leur mort ne nous concernerait pas?
nous devrions rester là
à nous taire
à faire fleurir nos vers?
si la peur de la boucherie,
si la honte de la barbarie
ne vous fait pas bouger
c'est que vous êtes morts
vous aussi
en quelque sorte 
morts
morts nés
morts sans humanité
morts sans solidarité
morts sans espérances
morts sans regrets
morts de ne pas avoir fait le petit pas
qui nous sépare tous
vous n'êtes que des passants
sur cette terre vide 
arriver au bout
de rien
avec au bout de chaque jour
un autre jour qui mourra lui aussi
en emportant son lot de crimes


des mots

effervescence
espérance
élan
colère
chute
impulsion
indépendance
ivresse
négation
abandon
renoncement
profondeur
champ

Misères du monde

Les Morts de la Rue 
Continuent d'arpenter nos rues.
On se rapproche d'eux ; parfois 
L'humain fait la loi.

Nos faims nous font tenir 
Celle de la vie, celle de l'amour 
Faim de révolte ou d'abandon 
Nous n'osons aller plus loin.

...

12 févr. 2012

Vides

Observer et s'observer.
Nos vies enroulées sur elles-mêmes ;
Ne plus donner, ni recevoir pour partager ;
Ne plus se laisser aller, mais se surprendre ;
Oser et s'oser.
Ne pas rester vides à l'envie ni au désir.

5 févr. 2012

Morts Dans La Rue

Morts Dans La Rue
Toutes ces vies qui s'éteignent dans l'indifférence générale,
Dans une compassion saisonnière que vous offre les médias attentifs à l'audimat.
À force, ces morts qui s'accumulent, ça fini par compter un peu.
Non?

Crimes d'État

Crimes d'État qui s'intensifie depuis des années, sans coupable à la barre, sans tribunal, sans avocat.
L'abandon larvé des Élites gavées et nous, sous-alimentés, malades, épuisés, l'espoir en berne, nos vies bradées, soumises à des calculs avilissants et ...
La mort.
Son chemin est parsemé de lassitude, de fatigue, de dégoût, de révolte inutile, de cris, de folie.
Notre envie de vivre, de vivre encore est attaquée de toutes parts.
C'est la mort au bout tout simplement. 



28 janv. 2012

Atelier d'écriture de la rue du 28 janvier à strasbourg, avec le collectif sdf alsace

LA RUE
passer de la rue à la vie pour nous c'est rester dans le cauchemar, sauf qu'il y a une petite flamme
manger à sa faim certains jours c'est courir à sa fin car ton corps il a pas l'habitude et dans ta tête tu pleures
même l'humidité de mes larmes j'aime pas, parce que ça me rappelle les sillons que la misère à creuser dans mon visage
si on me ramène au pays je meurs alors je veux mourir ici pour essayer de vivre
je sais pas pourquoi je suis à la rue, j'en ai aucune idée, c'est comme ça
la vie je l'aime mais c'est notre vie qui est trop moche
les travailleurs sociaux ils savent pas faire vivre les discours alors ils parlent de plus en plus et on les ignorent plus les pauvres
j'ai 19 ans je suis des foyers, de l'école de la 2e chance, des éducateurs, alors la rue, le vol, la violence c'est normal
si t'as pas vécu pour de vrai un malheur tu sais pas donner au malheur un goût d'espoir
maintenant je sais que c'est pas ma faute c'est juste une maladie alors je peux me dire "t'es manioc dépressif" et je rie
moi je pense que le problème c'est qu'on a pas compris que si on meurt c'est parce que la confiance est morte
les gens nous aiment pas, ben moi j'aime pas les gens, mais moi je ne leur fait pas de mal, je suis neutre en quelque sorte
j'aime beaucoup imaginer la vie des gens quand je regarde les fenêtres éclairées, mais la mienne je peux pas encore
on a quelque chose que les logés n'ont jamais sauf les malades, quand on se réveille on est content d'être vivant
on encaisse trop, on accepte trop les injustices, l'humiliation, notre misère elle est aussi dans la tête
La violence c'est à chaque moment qu'elle peut arriver c'est juste comme ça, c'est ça la rue
j'ai 36 ans alors moi je verrais pas le changement pour nous, mais peut-être que les prochains dans 10 ou 20 ans oui
pour tenir à la rue faut pas penser plus loin que l'heure qui vient sinon tu vois pas le bout, mais le mieux c'est de ne plus penser
je me rappelle pas la vie d'avant parfois c'était comme ça parfois autrement, tout est embrouillé et c'est tant mieux
les souvenirs c'est juste bon à te foutre la tête en vrac
alors moi je suis homo et j'ai le sida mais le pire c'est que mes parents m'ont virés, ça je ne l'accepte pas
J'étais sous le porche de l'église depuis 5 ans, mais le nouveau curé a téléphoné à la police. Je regrette qu'il ne m'ait pas dit de partir en face.

LA MANCHE
avec la manche, je regarde défiler les gens tous les jours, ils me voient pas, mais moi je vois que je ne veux pas être comme eux
si je baisse les yeux c'est que je ne veux plus voir les yeux des autres

FEMMES DE LA RUE
on m'a volé mes enfants parce que je suis à la rue, mais on m'a pas proposé de logement ni l'assos ni le juge ni la mairie
mon mari il me frappait et on l'a condamné a pas recommencer, il souriait au juge et moi je puais
pour être tranquille je vais à la bibliothèque tous les jours alors du coup je lie, maintenant j'y vais aussi pour lire
je suis pas une putain, je suis obligée de me prostituer et quel choix j'ai puisque j'ai pas de papier ?
si tu deviens pas pire qu'un mec, soit t'es violée, soit tu te maques à un connard

PRISON
j'ai volé pour aller en prison mais le juge m'a donné une chance, alors je galère à la rue, c'est pas de chance 1/2
je voulais vraiment aller en prison pour être plus libre que SDF, tu as chaud, tu manges, tu es soigné et tu peux aller à l'école 2/2
tu voles pour manger tu vas en prison tu sors t'es à la rue tu voles et tu deviens un récidiviste et t'es foutu
la vie, la rue, la prison, c'est ça qui fait que je suis violent, mais la prison c'est le pire

LA NATURE
• moi je pense que la nature elle va tout foutre en l'air, y'aura un grand raz de marée qui nettoiera tout, mais pas les hommes 1/3
• c'est la nature qui peut faire comme une révolution et là les hommes ils seront égaux devant elle 2/3      • parce que les révolutions des hommes ce sont des appels à la guerre tu vois et au bout y'a des perdants et c'est nous 3/3
y'a que la nature qui te donne quelque chose de beau, c'est pour ça qu'il faut dire aux gens de pas nous chasser des parcs
la nature c'est le seul truc vivant que j'approche

POLITIQUE
ceux qui font de la religion ils sont comme les partis et les syndicats, ils sont incapables d'agir pour l'égalité
tu sais toutes ces lois, tous ces décrets, c'est juste une fabrique a paranoïa
Strasbourg elle se fabrique pas pour nous, c'est une ville qui calcule trop alors elle nous calcule pas
dans ma tête je m'en fiche de tout, je mange un truc, je bois mes coups, je suis avec les pots, alors je ne fais pas les démarches
quand je serais grand je ferais la révolution même si j'y crois pas
Il y a forcément une raison qui fait que chaque démarche est compliquée et une raison à t'obliger à beaucoup de démarches.

CHIEN ET CHAT
moi j'aime la vie, j'aime rire et même je chante et j'aime l'amour, c'est tout grâce à mon chien Rikiki, il est tout pour moi 1/2
depuis que je suis au collectif sdf, Rikiki il mange mieux, il a plus peur des gros chiens, il boit plus dans les mares polluées, alors moi aussi 2/2
maintenant que j'ai trouvé ce petit chat abandonné j'ai un ami pour de vrais alors je dois faire attention car je suis responsable de lui 1/2
je vais appeler mon chat sardine comme ça il sera heureux d'être toujours une gentille blague 2/2
Mon chien est un mastodonte, y'a pas plus gentil que lui, mais les gens préfèrent les peluches de taiwan les cons

EXPULSION
moi je suis tombée à la rue après que mon propriétaire m'a chassé pour mettre son fils et il m'a prit mes affaires mais le juge a rien fait et voilà
je suis pas un feignant, pas toxico, pas alcoolo, pas voleur, j'ai été expulsé de mon logement et ça ne plait pas que je le dise
y'a jamais d'appart pour les gens comme moi ou alors tu peux pas y accéder, mais mon fauteuil roulant c'est pas un caprice

COLLECTIF
Avec le collectif sdf on est entre nous et on vit en autonomie, c'est la vraie vie presque et du coup on peut aider les autres pour de vrai
LaMô, quand je serais grande je veux être comme toi, sauf que je voudrais rire quand même
Je suis très content de la tente que le collectif sdf m'a acheté, maintenant je n'ai plus besoin de stresser pour faire le 115
Avec le Collectif on peut accepter d'être comme ça, mais avec l'envie que ça change à son rythme parce qu'on est des humains
Le collectif sdf t'es avec des gens de la galère, t'es compris, t'es pas seul pour faire tes trucs et tu aides les autres, suffit d'être là
On a pas besoin de raconter sa vie, on est pas obligé d'en inventer une et qu'après tu sais plus ta vie.
Quand je regarde par la fenêtre du squat je vois rien, les images sont trop mélangées, c'est un grand brouillard
Le squat il t'enlève des peurs, mais il en reste toujours assez pour être mal
C'est sûr que de refuser la télé au squat ça parait n'importe quoi et puis tu te rends compte que ça te soulage
Faire les marchés, aller voir les commerçants, faire les achats en gros, stocker puis redistribuer, c'est mon premier travail et je suis fier
Moi je suis le Geek, c'est mon surnom et je l'ai mérité, je fais la revue de presse pour que personnes ne disent qu'il savait pas
Ben moi je serais cuisinier, j'ai appris au collectif, je vais rentrer dans un truc hôtelier pour apprendre et avoir le diplôme, mais d'abord je dois me sevrer
Alors je suis passé au squat2 parce que je suis à la fin de la méthadone et que j'ai rencontré une fille normale

ALCOOL - DROGUE
quand je suis très saoul, je crie fort, mais c'est que du bruit et les heures de silence avant pourquoi on s'en branle hein?
Faire la manche, c'est vraiment avilissant mais on a pas le choix, j'ai droit à rien et je suis toxicomane 1/2
je vois pas pourquoi on m'emmerde avec la drogue vu que je la prends sur ordonnance à espace & dépendance, je suis clean 2/2
tellement c'est compliqué une journée à la rue que ça te force à rester dans un coin tranquille et tu bois ou tu te drogues
la drogue c'est pour oublier, mais surtout c'est pour ne pas ressentir pourtant j'aime me réveiller alors je viens à l'atelier 1/2
je voudrais des crayons de couleur et un taille crayons pour écrire des maux joyeux 2/2

HÉBERGEMENT
au chrs on me gavait de mots, d'idées, d'ordres, de règles et le soir on se terminait devant la télé, alors je suis revenue à la rue
C'est de la merde les hébergements. Même le meilleur il ne sait pas te laisser tranquille, ça jacasse à ta place, ça pense pour toi
Quand on me considèrera plus comme un débile j'irais en hébergement, mais je serais mort avant
Je veux plus y aller, je veux pas être avec des gens que je connais pas, je veux être tranquille et me reposer
Dans les hébergements tu as toujours la menace d'être viré pour un rien, alors je préfère rien du tout et me démerder
J'ai fait une crise cardiaque, 5 jours après mon retour de l'hosto, l'assistante sociale m'a convoquée et m'a dit de penser à chercher un job
Les foyers c'est trop de stress.
je peux pas y aller, le directeur il allait mettre Rikiki à la spa, il disait que Rikiki était un encombrement

22 oct. 2011

Il n'est pas facile d'écrire sans illusion

Il grêle des lois, il neige des décrets,
Des mots qui assassinent le pauvre.
Et l'humain nous reste sur les bras,
Les rêves sont devenus inutiles,
L'urgence est partout, trop fragile.
Disparaître, se faire tout petit.
La clarté du jour devenue ennemie.
Englué dans le permanent mensonge 
D'un monde qui avance entre clichés et fausses solennités.

7 oct. 2011

Solidarités

« évacuer, arrêter, enfermer, expulser, évacuer, arrêter, enfermer, expulser …. ». Mourir aussi.
Il était parait-il, des formes de solidarité indéfectibles qui donnaient une force incroyable.
Maintenant, ces solidarités sont niées. Une négation n'a jamais fait une construction.

15 août 2011


j'avais tout pour réussir 
j'aurai pu faire mieux
le prix à payer ? soumission, concessions, 
… et les honneurs qui en découlent

Désenchantement


Écrire sur le désenchantement de moi, du monde pourrait se faire en riant, au moins en souriant. Je pourrai tenter l'ironie. Mais ces exercices me sont trop étrangers, j'apprécie mes mines tristes, que je reconnais, que je détecte dans chaque frémissement. Mine de crayon et mine triste vont de concert avec ce monde. 

12 août 2011

trop de temps passé sous le joug de la coercition
mon âme s'y frelate
je ne serais pas la porte parole de cette condamnation

14 juil. 2011

Rien

J'ai si souvent effleuré l'immensité du rien dans mes poèmes.
Je ne savais pas que c'était sans fin,
Non, je ne savais rien.
L'immensité se trouve, là, dans un rien qui m'enserre le coeur jusqu'à l'âme.
Rien, en poésies, Rien en images, une exploration aventureuse.
Un poème qui reste toujours à écrire, un trait à tracer,
Je n'en sais trop de riens

9 juil. 2011

Ma fuite

Ma fuite se trouve là, parfois loin de la poésie, à la cime des arbres.
À la pointe du Cyprès y rencontrer et dire
Entre le sol mouvant et les nuages en mouvement
Se sentir exister nourrie par les différences

26 juin 2011

je voudrais bien dormir sur mes deux oreilles

si la presse n'en parle pas ça n'existe pas... Nous ne sommes donc pas harcelés par la police pour dégager de la place "publique", ni des parcs, ni des bancs, ... Nous ne sommes pas non plus totalement abandonnés à notre triste sort...


18 juin 2011

Rivage

Pour affronter ses peurs faut-il revenir à la source?
Aller en avant, en arrière, à contre courant?
Remonter du fond ou replonger en lui?

Avoir conscience qu'aucune main tendue n'est a saisir,
Car c'est beaucoup plus facile ainsi, plus simple.
Accepter qu'il est plus vrai de s'éloigner en solitude,
Pour prendre une direction qui reste inconnue

La vie me dépasse

Porte close. Mon exil est intérieur
et dans une solitude complète au détriment de tout, écrire.
Le coeur serré. Ma vie soudain me dépasse
et c'est dans le renoncement que mes rêves sont les plus beaux à écrire.

5 juin 2011

Article DNA

ASPACH Caritas
De la rue à la vie…
Ce sont trois artistes atypiques qui ont présenté un spectacle au foyer Ste Cécile d’Aspach, un spectacle bilingue de poésie et de danses où le conteur Gérard Leser, la « poète de rue » Monique Maitte et Anne-Florence Dauchez, toute en gestes se sont échangé bien plus que des répliques, une véritable communion devant et avec le public qui se termine par ce cri : « la poésie sera toujours rebelle » !
Le ton est donné dès la présentation par le responsable départemental de Caritas, Albino Fernandes, quand il dit : « tu fais quoi avec 6 euros par jour ? » C’est ce qu’il reste à un bénéficiaire des minima sociaux quand loyer et charges sont payés… Se succèdent des textes de Nathan Katz, Claude Vigée ou encore Abd El Malik, tous traduits et dits en alsacien par Gérard Leser. Des poèmes où les mots trahison, abandon, haine, hostilité, reviennent où Anne-Florence lance ce cri : « le poids que je traîne est plus lourd que celui de ma besace », où l’omniprésent regard de l’autre pèse sur les épaules de celui qui « parle à la bêtise de l’air ». Là, « s’Wort hàtt ke Sìnn meh », la parole n’a plus aucun sens devant la trahison des hommes. La lumière quitte la salle…
Mais, « la source tarie qui me menaçait renait à la vie », la lumière renait et un nouvel espoir surgit quand « le moment est venu de recolorer ma vie » jusqu’au texte de Gérard Leser, « Mein Land », où « mon pays est un jardin où les différences peuvent croître ensemble, formidable cri d’espoir envers les personnes « reconstruites ». Oui, mais après ? L’ « après » sera lu par Monique Maitte, un texte plein de force, plein d’espoir mais terriblement réaliste.
Le spectacle sera rejoué le 11 juin à Eguisheim et le 25 juin à Schnersheim, les deux à 20h 00.

Jeune Loup fatigué

video

Sur le trottoir gris, j'ai croisé un jeune loup fatigué qui m'a souri. J'ai posé mon dos contre le mur, ni trop près, pas trop loin. Le temps d'une cigarette et d'un moment de rien, nous avons regardé ensemble l'univers absurde tournoyer sur lui-même.

Les mots sont de la nuit

Aujourd'hui je regarde les mots gesticuler dans tous les sens et disparaître comme des traînées de poudre. Toutes les traces de leur passage dans mes troubles pensées sont balayées par les vents de la nuit.
La nuit est bien la seule à pouvoir me tenir éveillée, à me garder les yeux ouverts.

4 juin 2011

Spectacles "De la rue à la vie"

La poésie restera rebelle :
4 juin à ASPACH,
11 juin à Eguisheim
et 25 juin à Schnersheim.
Entrée libre (Info Caritas 03 88 22 76 40)

15 mai 2011

Parias

Je suis de ces parias désignés par des préjugeurs cyniques qui tiennent constamment ma réalité à l'écart. Pendant ces temps là le soleil depuis nos lustres se cramponne au ciel et les nuages n'altèrent jamais sa détermination a briller.

9 mai 2011

Je m'efforce de vibrer sur le fil de la beauté qui perle dans la douleur environnante alors que l'oeil est devenu fuyant et que les espoirs sont fanés depuis si longtemps


1 mai 2011

hier, j'ai regardé la pluie tomber sur l'eau de la ziegelwasser qui coulait doucement dans son lit
De toutes les choses que j'ai perdu, c'est moi qui me manque le plus.

30 avr. 2011

La nuit

Hier
j'ai marché dans la nuit à la lumière des lampadaires
j'ai retrouvé les ombres gigantesques de mes frayeurs
D'hier
Et ce soir la nuit ne sera pas tout à fait elle même


Mo Maitte

9 avr. 2011

je ne cherche personne
dans l'immensité du rien
qu'est devenu ce monde

2 avr. 2011

Squat

Je me surprends à sourire à un vol d'hirondelles. L'air encore frais fini de me réveiller, j'attendrai la chaleur du soleil pour sortir. La ville nous abrite malgré elle pour pas un rond et nous pourrissons en elle dans les odeurs de moisissure.

aimer cet état permanent d'inquiétude... l'avoir dans son camp et se balader dans les rêves
j'ai rencontré des âmes en ballotage.
Quand je pense à toutes ces voix qui s'élèvent pour ne rien dire,
Qui bruissent sans cesse sur des riens, inutiles à mes pensées,
Ignorantes et creuses volontairement
On ne peut pas toujours éviter d'entendre l'inécoutable. la force de la répétition, sans doute
Je regardais cette ville pour la première fois et je me souvenais d'une autre. On distingue toujours un fil blanc d'un fil noir.
Je me souviens des autres fois,
Les souvenirs donnent de l'aplomb sur le monde,
J'ai déjà attendu le coucher du soleil
Car vois-tu en me plaçant dans un entre-deux couloir, j'échappe aux bruits incessants du monde et à sa vitesse folle. Je cherche toujours paisiblement quelle est la couleur de la Lune.
Hier soir, du coin de l'oeil, j'ai très bien vu, ma silhouette qui éclipsait la Lune. Je venais l'espace d'un fragment de temps, de l'avaler ... littérairement.

13 mars 2011

je poétise en matinale, le chant d'éveil des oiseaux en fond musical

Le désespoir ronge chaque pas

Je ne voulais pas voir l'amour mort, ni ressentir la violence, ni me reconnaître dans ses mots... Alors, je suis entrée en silence.
Le replie de moi, le froissement de mes peaux. Seuls les coups me redonnaient vie et m'abrutissaient. Je tombais dans un sommeil carcan sans rêves, sans mouvement.
Mes os cassés un à un, la douleur constante ; je me sentais vivante. Le trop humain était devenu une gêne, un chemin impossible, des paroles inutiles, un frein à ce destin dessiné.

Chaque possibilité de m'échapper de cet insensé enfer était étouffante et aussi lacérante que ses jeux de cutter.
Je me sentais en symbiose avec le monde, je lui appartenais. Je me laissais glisser dans l'étouffement institutionnalisé. Rien de ce que j'avais à dire n'était entendable, rien n'était écoutable. Je n'avais pas la forme, la syntaxe était mal choisie.

Le silence de la parole, mais pas celui de l'écrit. Écrits et cris vains.

Il m'était impossible de rejoindre un ailleurs.
Le désespoir ronge chaque pas.

Puis, dans tous ses impossibles tissés un à un ensemble j'ai retrouvé le fil de l'espoir.

La nuit nous revient comme un silence où la lune maitrise son art de la désillusion

la nuit

la nuit tous les chats sont grisés de mots

6 mars 2011

enchainement amical

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la vie est toujours réelle

j'écoute les marchands d'utopie
les voleurs de parole
distiller de creux discours
qui n'ont d'autre but
que de vous faire croire
que vos vies sont belles
ou pourront le devenir
un jour prochain

vos vies …
n'avez-vous donc jamais ressenti
que vous êtes esclaves de l'immobilisme
du mépris, de l'indifférence

nous sommes du même troupeau
qui se calque avec maladresse
à un modèle imposé
qui reste inaccessible
car il n'accepte aucune de nos faiblesses
nos vies ne peuvent être des paradis
artificiels

ma colère est tombée maintenant, mais
personne ne peut empêcher l'envol de l'écrit
ni son jaillissement turbulent


Monique Maitte



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le mal est fait

la rue ce n'est pas la vie
pourtant nous devons survivre en elle
qui est la plus violente de tous nos ennemis
nous devons résister aux marches forcées
entourés de travailleurs sociaux
qui nous cadrent et nous encadrent
qui nous pressent chaque jour
dans de vaines démarches
qui peuvent se répéter
se répéter à l'infini
et qui oeuvrent à nous épuiser encore plus
ils se contentent pour nous de miettes insuffisantes
qui ne règlent rien et pour lesquelles certains nous montrent du doigt
miettes, qu'une société avide lâche avec parcimonie
sans jamais avoir conscience
du mal qui nous est fait

Monique Maitte


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27 févr. 2011

FETE DES FEMMES le 12 mars

Femmes actrices de vie

12 mars 2011

De 15h00 à 22h00 Salle St Laurent, rue St Laurent à Bischheim

A l’occasion de la Journée internationale pour la lutte des droits des femmes, l’association PasSages organise une rencontre autour de témoignages et d’expressions du combat des femmes.

Entrée libre

Petite restauration , soupes du monde, salon de thé.

http://passagesenaction.canalblog.com/archives/2011/02/26/20493063.html

12 févr. 2011

19 mars Médiathèque Meinau à 15H

Danse & Poésie

COMMUNIQUE : Poésie du texte et poésie de la danse s’enrichissent mutuellement, et nourrissent l’imaginaire du spectateur.

Les dits et ressentis de Monique Maitte, Poète de la rue, sont le fil conducteur du spectacle ; les très belles poésies de Claude Vigée sur l’exil, et la force spirituelle de l’être humain, mêlées à l’expérience de transformation intérieure d’Abd Al Malik, et à l’extrême sensibilité de Nathan Katz à la nature, s’intègrent très bien dans ce parcours de vie. Gérard Leser a traduit certains de ces poèmes en alsacien, et avec l’idée que l’Alsace peut être un pont entre les gens d’origines diverses, il ajoute une précieuse touche de savoir vivre ensemble…

Anne-Florence Dauchez - Créa’Danse

ANIMATION : Samedi de la Danse

DATE(S), HORAIRES : Samedi 19 Mars 2011 à 15h

MEDIATHEQUE(S) : Meinau de Strasbourg

http://www.youtube.com/watch?v=QY9S4quP1Og

5 févr. 2011

Pendant ce temps-là, certains, toujours, n'en démordent pas et veulent nous envoyer là-bas, ailleurs

les temps et la parole

je m'égare à tout jamais dans une ligne de fuite ou l'imparfait domine l'indicatif

tout le monde sait

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Les petites magouilles entre amis, les passes-droits, les facilités et les coups-bas

Tout le monde savait, mais se taisait.

Les abandonnés, les crèves la faim, les humiliés et les promesses sans lendemain

Tout le monde savait, mais se taisait.

Le mutisme généralisé sonne la fin de tous les possibles.

Tout le monde le sait,

Tout le monde se tait.

Monique Maitte

30 janv. 2011

je ne suis qu'une ombre, une ombre de rien
entre moi et le monde, l'infini tourment

achetez ce livre bon sang, les sous sont pour les copains de la rue

http://www.editeur-livres.com/index.htm

dans poésie

moi

BIOGRAPHIE SECRÈTE

Monique Maitte ? Ah oui, Monique Maitte... J’ai fait une enquête pour vous, car elle est très secrète. Elle se reconnaît dans ce poème :
« Je viens d’où mes yeux te l’auront dit
car vois-tu, "sans-abri" n’est pas un pays ».

Elle est née entre 1957 et 1959, entre Pujols et Villeneuve-sur-Lot, entre le Lot et la Garonne.
Elle a eu une vie assez ordinaire, après une enfance ennuyeuse jusqu’à l’adolescence.
Puis elle devint adulte, d'abord assistante son, puis secrétaire de production avant de passer à l’écriture brouillon et aux écrits-vains, peu après une séparation déchireuse, en 1996. Une révélation d’un bout de sa nature due à la rencontre d’une communauté d'artistes qui vint la titiller.
Monique se fait prêter un coin d’atelier dans les ateliers des autres, 2 m2 lui suffisent à se faire plaisir. Elle n’est pas artiste, elle travaille et a toujours de quoi manger, et, de quoi boire.
Elle peint les vêtements qu’elle récupère, les boîtes d’allumettes qu’elle sème dans les bistrots ... Puis elle découvre avec émerveillement le post-it. Elle remplit ses petits carnets jaunes, sa couleur préférée, de signes, de mots, et les "pause" partout : bus, trams, épiceries, bars, cinémas, caddies, pare-brise, bureaux de poste, banques, etc.

Lors des ouvertures d’ateliers ou des expositions collectives Monique s’ajoute ou se mêle, car les artistes, étourdis, oublient régulièrement de l’inviter à les rejoindre...
Les visiteurs égarés qui trouvent Monique cèdent souvent à la tentation ; et les vêtements se vendent ainsi que les enveloppes coloriées et autres amusements. Pour se faire pardonner d’avoir provoquer ces impulsions d’achat(s), Monique file au Supermarché pour y acheter du vin pour les amis artistes. Mais c’est plus fort qu’elle : elle en profite pour semer quelques post-it.

Monique Maitte aime enfin et est aimée, elle en garde les preuves... Des traces de coups, un corps brisé, un entre retrouvé...
Et vint enfin … la catastrophe, une sorte de tsunami, des mois d’hôpital et la rue. La revoilà « entre ». Entre la vie et l’irréel, le « nommable » et l’innommable, « l’in-vie-vable ».
Et voilà...
Voilà qu’elle réapparaît, de la rue à la vie...
Son animal préféré est la libellule mais c’est avec des chats qu’elle vit.

© Monique Maitte

Je me trace, je m'inscris et je passe à l'écrit

temps vide

Je vis dans un léger brouillard
tout passera par le temps du vide

le miroir

Les douleurs disparues n'entraînent pas le soulagement.
Trop de peurs du vivant restent tapies dans mes ombres.
Le dilettante miroir ne reflète plus aucun contraste,
Seule subsiste une masse de dix formes grisâtres
Je ne peux fixer mon regard parti je ne sais où
Et dans ma tête le bruit hurlement s'empare du vide
Rien ne résiste à la volonté qui s'éteint


Monique Maitte

petites phrases

je porte parfois un masque à fables

moi même parle à moi m'aime parfois

sans tous les salauds de pauvres du monde, et leur envie de bouffer à leur faim, on s'en foutrait de cette poignée de salopards avides ...

29 janv. 2011

Une goutte d'eau by benedicte chapard

http://www.vimeo.com/18960389

Où dormir, où manger, où mendier, où créer du lien social... Ce film suit les activités de "survie" des SDF à Bordeaux, son organisation, sa logique, ses limites aussi.

23 janv. 2011

la rue nous a bouffé quelque chose
je ne sais pas quoi, l'âme peut-être
ou le désir de nous mêler à vous
de côtoyer vos craintes et votre lâcheté

Monique Maitte

22 janv. 2011

un espace de liberté et de possibles


le silence est la clef de l'écoute
l'écriture seul accès à l'humain
chaque mot est chargé de sens
et devient un espace de liberté et de possibles

Monique Maitte

le dire


lorsque l'espoir est mit dans le dire et le partager
aucun silence ne peut résister
car la parole se place entre eux sans majuscule

Monique Maitte

16 janv. 2011

tréfonds


De nos bois morts,

je ferai des tresses de feu,

qui illumineront jusqu'à nos tréfonds



Monique Maitte


Sur les chemins de meilleurs accords...


Lorsque enfin je vivrai mon histoire,

je vous offrirai mes lignes d’espoir.

M’évader avec vous en résonance

Sur les chemins de meilleurs accords



Monique Maitte



glissade


balafre légère tracée dans le temps,

tes moments de colère,

égratignent mes enchantements


Monique Maitte

un jour


Tous ces mots,

écrasés par le poids de vos silences,

un jour,

s'évaderont ensemble de nos coeurs

dans une nuée d'espérances


Monique Maitte






cycle


Les prairies de l'été fleurissent les affaires humaines.

Le chant des cigales est éphémère.


Monique Maitte

mais oui


Souvenir puis fragment de rêve,

je n'ai jamais cessé de fouler les pavés de l'amitié


Monique Maitte

bukowski poésie

11 janv. 2011

sans se retourner

Plus le temps passait et plus je m'enfonçais dans le bas-côté
je n'avais qu'un bagage léger, je portais pratiquement tout sur moi
mon bien le plus précieux étaient des petits carnets noircis
que j'avais attachés par un élastique épais, solide

j'alignais les mots, les phrases sans jamais me relire
qu'avais-je écrit, qu'avais-je pensé, dit, ressenti, quel était le liant
j'avançais sur ces carnets comme dans cette vie, sans me retourner

Monique Maitte

la traque

je ne voyais le renouveau que dans les changements de la nature environnante
les rares fois ou je m'aventurais à l'homme je n'étais pas en mesure d'apprécier quoi que ce soit
je devais marcher sans cesse ne m'arrêtant qu'aux défaillances de mon corps
marcher pour avancer, marcher sans envisager l'avenir, en occultant toutes traces du passé
les jours devenaient des semaines qui formaient des mois puis passèrent des années

Monique Maitte

5 déc. 2010

je ne dors plus


dans l'alcôve des froides soirées
va-et-vient de mon ombre sur le pavé
le drame se répète et je ne dors plus

Monique Maitte

13 nov. 2010

je ne crois pas

Je ne sais même pas si nos lueurs d'espoir ont la même saveur que les vôtres

Monique Maitte

les gens comme nous - David

David m'a dit que la rue nous avait bouffé quelque chose, il ne sait pas quoi, l'âme peut-être. Il est sûr de ne plus vouloir y retourner. Ce serait insupportable de revivre la déchéance, le froid, la crasse. Mais les gens comme nous n'ont n'a pas peur d'elle.
C'est ainsi et c'est vrai.


11 nov. 2010

les gens comme nous - Ali

Les gens comme nous, m'a dit Ali que j'ai croisé en ville, ne regardent pas le monde comme les autres. Nos routes se sont espacées, nous voici éloignés mais nous restons semblables et entre nous un fil indestructible. C'est le fil de la rue.
C'est ainsi et c'est vrai.


putain de rue


putain de rue en filigrane

le grain de la page m’appelle

pour que mes mots volages

créent de nouveaux accords


Monique Maitte


ville

Toutes ces frontières, ces souffrances débilitantes.

Des murs qui transforment nos villes en chambres froides


Monique Maitte

balades

J’offre une halte à mon funeste destin.

J'emprunte de nouveaux chemins,

Je flâne vers l’inconnu,

Comme autant de fantastiques balades


Monique Maitte



24 oct. 2010

posture et imposture

La poésie est ma lame
Je l'aiguise chaque jour

et l'utilise sans pitié

pour dévoiler une vérité

où tout n'est que mensonge

posture et imposture


Monique Maitte


23 oct. 2010

ou pas

Ce que je ressens
Trouve sa propre forme
Ou pas, forcément

Monique Maitte

je ne sais

je ne sais ... vous l'ai confié ?
mais ce blog est mon cahier
un cahier de brouillonne
sans papier, crayon ni gomme

rien de définitif dans l'ordre des maux

Monique Maitte

des goûts différents

toutes ces amabilités, cette humanité de salon, que vous étalez bruyamment me dégoûtent et je n'aurai de cesse de vomir à vos pieds des goûts différents

Monique Maitte

qui est?

Qui est vivant ?
Qui est mort ?
Comment le saurais-je ?

Je ne le sais pas de moi

Monique Maitte

Personne n'a raison

Vous aurez toujours tort face à nos souffrances.
Un quotidien lourd, l'espoir devenu rance
personne n'a raison, personne n'a raison

Monique Maitte

19 oct. 2010

la vie m'a dit

La vie m'a dit
en me faisant des reproches
que je ne pouvais perdre mon bagage
mais qu'elle non plus ne se perdait pas


Monique Maitte

pas d'autre chemin

une pluie froide tombe
et le vent fou gronde
pas d'autre chemin que celui-là


Monique Maitte

L'écrit

C'est dans le silence
Que je hurle l'espoir
Ou dans l'écrit

Monique Maitte

19 sept. 2010

Plus rien n’est paisible

Plus rien n'est paisible... Pourtant,
La
poésie persiste en dépit des circonstances,
D'un monde qui n'a de cesse de se durcir,
Où les fleurs des cerisiers sont grillagées,
À lancer des mots plus haut, vers le ciel.

Monique Maitte

9 sept. 2010

Vers l'humain

Souvenirs de tous ces sentiers sauvages,

d'une survie souvent brutale.

Des rencontres végétales, animales et poétiques.

Aujourd'hui me voilà à la croisée d'un voyage vers l'humain.


Monique Maitte


réseau social

Facebook c'est comme à la maternelle.

On joue tous ensemble,

on se dit bonjour, on se dit bonne nuit

et on se querelle pour un commentaire...


Monique Maitte

7 mai 2010

Grain de vie

Je ne souhaite qu'une chose,
pour ce bout de vie restant.
Être un petit grain de sable.

Monique Maitte

Ma raison retrouvée

Je me garde, de vous suivre,
Sur ces sentiers battus,
Dont s'écarte aussi la lumière.

Et c'est à pleines mains,
Frémissante de sensations,
Que je saisie, consciemment,
Le risque, de me fourvoyer.

J'entends le silence, je vois l'invisible,
Et en suivant la ligne d'espérance,
Je m'élance vers la liberté que m'offre,
La raison enfin retrouvée.

Et sans aucune crainte,
J'accueille les lendemains,
Dans l'immensité du vivant.

Monique Maitte


21 mars 2010

Je

Je signe mes poèmes de mon seul nom
Chacun porte en soi une parcelle d'irréductible liberté

Monique Maitte



Le benêt béat

Marchant fièrement vers le progrès,
Étalant en fines couches sa culture livresque,
Le bide gonflé par le vent de l'utopie
Il engraisse joyeusement les rapaces
Oubliant facilement que le marché universel
S'alimente du sang de l'humanité
Le torrent de boue de nos malheurs
Est le résultat de votre propre débâcle

Monique Maitte



Le parasite

Prophète d'un bonheur désuet,

J'écoute, effarée, l'optimiste benêt,

Qui se satisfait de l'attention de ses semblables

Contrarié d'entendre nos voix discordantes,

Alors que nous errons dans la misère glaciale

Nourrie de cette faux de l'espoir

Qui nous coupe les jambes

La ville transforme l'espérance en cauchemar


Monique Maitte


Qui êtes-vous ?